
Édition № 1
Découvrez les meilleurs spots, sélectionnés par les locaux.
Des adresses remarquables sélectionnées par notre rédaction
Un bar de mezze levantin sur Cours Julien où le muhammara, le poulet frit et les événements culturels live font de chaque soirée une petite fête.
A Mediterranean-leaning bistro on Boulevard Périer where the food is good enough to make visitors return two nights in a row — and the service makes everyone feel like a regular.
Un speakeasy de l'époque de la prohibition versant des cocktails du 19e siècle issus d'une collection de 600+ spiritueux — l'expérience cocktail la plus engagée de Marseille.
Un parc ombragé sur une pointe offrant le panorama gratuit le plus spectaculaire du Vieux-Port, du Mucem et de l'entrée du port de toute Marseille.
Un bar à bières artisanales 100% marseillais dans le Cours Julien avec des pressions tournantes, une note de 4.7 étoiles, et le genre de fidélité de quartier dont la plupart des bars rêvent seulement.
Notes de la rédaction et de la communauté
Marché des Capucins
Si vous voulez comprendre Marseille en une matinée, allez au Marché des Capucins. Tout le monde l'appelle Noailles — « le ventre de Marseille » — et c'est le marché le plus vivant de la ville depuis 1956. Une trentaine d'étals s'installent rue du Marché-des-Capucins six matins par semaine (fermé le dimanche), avec des montagnes de menthe fraîche, des épices marocaines, des pâtisseries algériennes, du halva au sésame, et du poisson tellement frais qu'il semble encore nager. C'est le marché le moins cher du centre-ville, et c'est exactement pour ça que les Marseillais — pas les touristes — le fréquentent massivement. Ce qui rend ce lieu unique, ce n'est pas un étal en particulier, c'est l'expérience sensorielle complète. L'office de tourisme parle d'« une véritable invitation au voyage » où l'on se sent « complètement dépaysé, loin de tout, à l'autre bout du monde » — et ils n'ont pas tort. Les odeurs changent à chaque pas : du cumin chaud par ici, de la lavande séchée par là, quelque chose de piquant au coin. La foule mêle des grands-mères maghrébines qui viennent depuis des décennies, des jeunes chefs en quête d'ingrédients, et quelques touristes ébahis égarés depuis la Canebière. Quelques conseils pratiques : venez le matin, idéalement avant 10h, quand les produits sont à leur meilleur et l'ambiance à son apogée. Le marché occupe l'emplacement d'un ancien couvent des Capucins — d'où son nom — mais il n'y a plus rien de monastique aujourd'hui. Prévoyez du liquide, car beaucoup d'étaliers ne prennent pas la carte. Et ne repartez pas sans une pâtisserie ou une poignée de dattes. Ce n'est pas un marché aseptisé, et c'est précisément ce qui le rend indispensable.
Jardin Émile Duclaux
S'il y a un parc à Marseille qui mérite sa réputation, c'est bien celui-ci. Le Jardin Émile Duclaux — que les Marseillais appellent simplement « le Pharo » — est posé sur un promontoire rocheux à l'entrée du Vieux-Port, et la vue à elle seule vaut le déplacement. On a tout le panorama du port : la façade ajourée du Mucem, le Fort Saint-Jean, les bateaux qui rentrent et sortent, et la Bonne Mère qui veille là-haut. Par temps clair, on aperçoit même les îles du Frioul. C'est le genre de vue qui fait comprendre pourquoi Marseille est un port depuis 2 600 ans. Le parc en lui-même est simple et sans prétention — des pelouses ombragées, des pins méditerranéens, quelques bancs, et le Palais du Pharo (construit pour Napoléon III, qui n'y a jamais séjourné) qui occupe un bout. Le week-end, quand le soleil est là, ça se remplit vite avec des familles, des couples, des groupes d'amis qui sortent les couvertures et débouchent le rosé. C'est l'un des rares vrais espaces verts proches du centre-ville, et les locaux se l'approprient clairement. Venez un matin en semaine si vous voulez plus de calme. N'attendez pas des jardins manucurés ou des équipements sophistiqués — c'est un endroit sans chichis. Prenez un pique-nique, trouvez un bout de pelouse face à l'eau, et installez-vous pour le coucher du soleil. C'est là que la lumière frappe le port et fait tout briller en or, et vous comprendrez pourquoi tant de Marseillais considèrent ce parc comme leur coin préféré de la ville.
Musée d'histoire de Marseille
Si vous voulez comprendre Marseille — vraiment la comprendre — c'est ici qu'il faut commencer. Le Musée d'Histoire de Marseille couvre 26 siècles d'existence de la ville, depuis sa fondation par les Grecs de Phocée vers 600 av. J.-C. jusqu'au XXe siècle. L'exposition permanente s'étend sur 3 500 m² et rassemble près de 3 000 objets, dont beaucoup ont été trouvés sur place ou dans les alentours. Le clou du spectacle, c'est le Jardin des Vestiges attenant, où l'on peut se promener parmi les restes du port antique — l'endroit même où Marseille est née. C'est une expérience puissante que de se tenir là et de réaliser qu'on regarde le port d'origine. Le musée en lui-même est bien organisé et étonnamment moderne pour un musée d'histoire urbaine. Les salles sont chronologiques, ce qui rend le récit facile à suivre, avec un bon mélange d'objets archéologiques, de maquettes et de multimédia. Les expositions temporaires valent aussi le déplacement — l'actuelle "Marseille vue par les Detaille" traverse 164 ans de la ville à travers trois générations de photographes, et elle est excellente. Le musée propose aussi des visites guidées et des ateliers réguliers, du croquis médiéval à la plongée dans la réputation marseillaise du début du XXe siècle. L'entrée est gratuite, ce qui est remarquable vu la qualité de la collection. Le musée se trouve dans le quartier de Belsunce, à deux pas du Vieux-Port, ce qui permet de combiner la visite avec une balade autour du port ancien. Ce n'est pas un musée tape-à-l'œil — vous n'y verrez pas les foules du MuCEM — mais c'est aussi ce qui fait son charme. On peut prendre son temps, lire les panneaux, et repartir avec une vraie compréhension de la façon dont cette ville compliqué et ancienne s'est construite. Pour les amateurs d'archéologie ou d'histoire urbaine, c'est un arrêt incontournable.
Le Palais du Maharajah
C'est sans doute le meilleur restaurant indo-pakistanais de Marseille, et ça dure depuis 2006. Le Palais du Maharajah, posé dans le quartier de La Valentine, a construit sa réputation sur la régularité — près de 4 000 avis Google à 4,8 étoiles, ce n'est pas le fruit du hasard. Le biryani au poulet est la star incontestée : riz parfait, épices maîtrisées, viande fondante. Les habitués en parlent comme d'une référence, et ils ont raison. Le reste du menu tient la route avec honnêteté : les plats tandoori (seekh kebab, poulet tikka) sortent du four avec ce goût de fumé qu'on ne reproduit pas chez soi. Les portions sont généreuses, presque excessives, alors venez à plusieurs ou prévoyez des doggy bags. Les naans sont moelleux, légèrement croustillants, parfaits pour saucer. Le service est aimable et rapide, même si le soir du week-end, l'attente peut s'allonger. C'est un restaurant de quartier, pas un palace — on vient pour l'assiette, pas pour le décor. Et l'assiette, elle, vaut le déplacement.