C'est ici que Beethoven vint en 1802 pour tenter de guérir sa surdité et finit par écrire le célèbre Heiligenstadt Testament — une lettre désespérée à ses frères, aujourd'hui l'un des documents les plus émouvants de l'histoire de la musique. Le Wien Museum a fait un remarquable travail de préservation de l'ancienne demeure du compositeur sur la Probusgasse, la remplissant de documents, d'instruments et d'objets personnels qui vous rapprochent de Beethoven plus que nulle part ailleurs à Vienne. C'est un peu une balade depuis le centre, mais c'est justement le but — vous suivez ses pas jusqu'au village thermal où il a affronté son moment le plus sombre.
L'appartement même où Beethoven écrivit son désespéré Heiligenstadt Testament — plus proche de l'homme que nulle part à Vienne.
Prenez le tram D jusqu'à la station Heiligenstadt, puis c'est une courte marche — combinez-le avec une promenade dans le parc Heiligenstadt tout proche pour une expérience complète.
Là où Beethoven a affronté sa surdité
Si vous aimez Beethoven, ce petit musée de Heiligenstadt vaut vraiment le déplacement. Il se trouve dans l'appartement même où le compositeur a séjourné en 1802, venu chercher un remède à sa surdité progressive dans ce qui était alors une station thermale aux portes de Vienne. C'est ici qu'il a rédigé le Testament de Heiligenstadt — cette lettre bouleversante adressée à ses frères où il avoue sa surdité et évoque le suicide. Se trouver dans les pièces mêmes où tout cela s'est joué procure une émotion qu'aucun livre ne peut transmettre.
Le musée est petit mais très bien conçu : documents originaux, instruments, stations d'écoute et expositions multimédias retracent la vie et l'œuvre de Beethoven. On y trouve des reproductions du Testament, des cornets acoustiques et des effets personnels qui rendent l'homme plus tangible que la statue de marbre qu'on imagine. Le Wien Museum a rénové l'espace ces dernières années, et la scénographie est moderne et réfléchie — loin des vitrines poussiéreuses. Comptez environ trois quarts d'heure à une heure pour la visite.
Le bémol : c'est dans le 19e arrondissement, à 45 minutes de tram et bus depuis le centre. Certains visiteurs se plaignent du trajet, mais cette distance fait partie de l'expérience. On quitte le premier district saturé de touristes pour rejoindre le village tranquille où Beethoven s'est retiré pour affronter ses démons. Promenez-vous ensuite dans le parc de Heiligenstadt — il est toujours aussi verdoyant et paisible, et l'on comprend pourquoi il venait s'y ressourcer.